Au petit matin en montgolfière

Ce jour-là, lorsque ma douce et moi sortons de la maison, les rues sont encore vides. Le contraire eût été étonnant : il est 5h15, après tout. Nous prenons la voiture et allons dans un champ hors de la ville pour rejoindre notre aérostier, et dans le froid matinal, nous avons droit à un spectacle magique. Notre pilote se sert en effet d’un ventilateur pour envoyer de l’air froid dans le ballon, puis utilise un brûleur pour finir son oeuvre et permettre au ballon de prendre progressivement forme. La nacelle de rotin n’attendra bientôt plus que nous. Pour être honnête, je ne suis pas tout à fait rassuré, et je prie pour qu’il n’y ait pas de problème une fois là-haut. C’est que je souffre facilement du vertige. Mais certains prétendent qu’il est impossible de souffrir du vertige dans une montgolfière. Si c’est vrai, c’est tant mieux. Si c’est faux, je vais passer un sale quart d’heure. Enfin, une sale heure, car c’est le temps que va durer notre vol. Quand le ballon est paré au décollage, nous montons à bord. Nous sommes quatre à participer à ce vol singulier. Une minute plus tard, un coup de brûleur fait décoller notre nacelle et nous conduit là-haut. Aussitôt, je constate que question vertige, c’est vrai : il n’y aucune sensation de vertige à la clef. Rassuré, je peux profiter du paysage, tout simplement sublime. A bord, chaque personne paraît d’ailleurs un peu émue devant tant de splendeur. A part le bruit du brûleur, on se croirait dans une église. Pourtant, ce n’est pas un silence vide. C’est un silence gourmand, le silence de personnes qui ne veulent pas manquer une miette de ce spectacle. Durant un court moment, nous restons coincés dans un vallon, attendant que la brise se manifeste à nouveau. Mais il y a tant à regarder que cela importe peu. L’heure passe malheureusement, sournoisement, et c’est déjà le moment d’atterrir. Notre atterrissage est un peu plus violent que l’envol et nous devons nous accrocher à la nacelle, mais même cet atterrissage de fortune ne saurait entamer notre sentiment de zenitude. Si vous aussi rêvez de prendre la voie des airs, voici le site où j’ai trouvé mon vol. C’est vraiment une expérience à vivre au moins une fois ! Peut-être même deux… 🙂 Retrouvez plus d’informations sur l’organisateur de cette activité de ce baptême en montgolfière à Rambouillet.

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En Irlande : des modalités innovantes de remboursement par indication

L’entreprise pharmaceutique Vertex et le gouvernement irlandais ont signé un accord en juin 2017, consacrant un système inédit de financement de médicaments indiqués dans les maladies rares en Irlande157. Cet accord concerne plus particulièrement le traitement de la mucoviscidose, dont la prévalence en Irlande est quatre fois supérieure à la prévalence en France. Le système de santé irlandais était confronté à l’impact budgétaire croissant lié à cette maladie rare, notamment du fait de l’arrivée des thérapies de Vertex, très innovantes, mais onéreuses. Cet accord prévoit un niveau de dépenses annuelles pour chaque année de l’accord, concernant tous les produits actuels et futurs de Vertex pour une indication donnée. Concrètement, un prix pour le traitement d’une indication de la mucoviscidose aura été fixé par l’accord, et octroyé à Vertex, qui s’engage, de son côté, à offrir les meilleures innovations pour les patients atteints de la pathologie donnée – cela même si l’innovation se substituant au traitement initial est plus onéreuse que ce dernier. Ainsi, le financement ne se fait plus par produit, mais par indication. Au global, cet accord a été structuré comme tel : Trois conditions : 1. contrat de long terme garantissant au payeur et au laboratoire la sécurité juridique et la visibilité financière nécessaires au succès de l’accord ; 2. une connaissance précise du nombre de patients concernés, grâce à la tenue de registres de patients ; 3. une visibilité offerte aux pouvoirs publics sur le pipeline d’innovation de Vertex. Trois objectifs : 1. permettre au patient l’accès aux meilleures innovations, dès leur autorisation de mise sur le marché ; 2. offrir au payeur une visibilité de long terme sur les dépenses relatives à une indication ; 3. garantir à l’industriel une sécurité juridique et financière de long terme pour sécuriser leur R&D. Cet accord innovant, qui repose sur la confiance entre acteurs, permet donc aux pouvoirs publics de disposer d’une meilleure visibilité et d’une meilleure maîtrise de leurs dépenses, aux industriels de sécuriser l’accès au marché de produits qui auront été évalués selon les mêmes standards et exigences de sécurité et d’efficacité, et au patient de disposer des meilleures innovations, en limitant les iniquités d’accès aux traitements.

Le commerce de la corne

La cupidité dans toute sa splendeur. Ce lundi dans la nuit, un rhinocéros a été tué par des inconnus dans un enclos du zoo de Thoiry ; l’une de ses deux cornes a été coupée à la tronçonneuse et prise par les criminels ; la seconde, plus menue, a été à moitié sectionnée mais pas dans son intégralité. L’animal a été découvert par un soigneur au matin. Trois rhinocéros vivent dans le zoo. On peut supposer que les individus ont dû renoncer, par manque de temps, à s’emparer de leurs cornes…
Le crime peut sembler absurde, mais pas tant que ça. Car le commerce de la corne est étonnamment fécond. Histoire de vous donner une idée, sur le marché noir, les cornes de rhino se vendent plus cher que l’or : entre 50000 et 100000 euros le kilo ! Hallucinant ! Jusqu’en 2008, ce genre de cambriolages étaient rarissimes. Un cas avait été recensé en Suisse en 1990, mais c’était à peu près tout. Seulement, le prix des cornes a véritablement explosé en 2010, ce qui a fait exploser le trafic à travers toute la planète (ou dans les rares endroits où l’on trouve encore des rhinocéros, plutôt).
Mais pour quelle raison sont-elles tellement prisées, en définitive ? Eh bien, c’est qu’au Vietnam, elles sont en fait utilisées sous forme de poudre, parce que certains individus leur accordent des vertus de toute sorte. D’après ces croyances, qui n’ont jamais été vérifiées de manière scientifique, elles seraient pratiques pour faire baisser la fièvre et surtout… renforcer la libido. Car oui, c’est surtout pour ses vertus aphrodisiaques de ces défenses qui font que les rhinocéros sont une espèce menacée ! Comme je le disais : la cupidité dans toute sa splendeur. Et si des extraterrestres vivent ailleurs dans l’univers, ce n’est pas étonnant qu’ils ne donnent pas signe de vie : au vu de nos pratiques, nous ne gagnons pas spécialement à être connus ! Selon Planetoscope (un site qui recense des statistiques sur tous les sujets qui touchent à notre planète), pas moins de 242 rhinocéros ont été abattus depuis le 1er janvier 2017 !

Un hôtel mirroir

Sommet de Londres contre les inégalités sociales

Dernièrement, je suis allé à Londres pour suivre un congrès qui s’est révélé plus intéressant que prévu. Il portait sur les inégalités sociales. Si la plupart des interventions avaient un air de redite, un intervenant s’est efforcé de décrire l’évolution naturelle qu’on retrouve le plus souvent dans la redistribution des richesses. Son propos était très intéressant car il expliquait comment la répartition de la richesse se faisait en fait en fonction du niveau de développement des pays. Dans les sociétés où la pauvreté est un problème chronique, l’inégalité est par exemple relativement faible. Et ce, pour une raison simple : tout le monde se trouvant plus ou moins dans la même condition de précarité, les disparités de revenus s’avèrent naturellement limitées. Il faut que cette société s’enrichisse pour que l’inégalité puisse apparaître. Lors de cette étape de développement cruciale, le succès repose essentiellement sur les aptitudes de chacun. Vu que ces facteurs diffèrent considérablement d’un individu à l’autre, l’enrichissement au sein de la société est aussi attribué de façon très inégale. La richesse générale s’élève très rapidement mais chacun ne profite pas identiquement de cette manne. Le Mexique est actuellement dans cette situation, par exemple. Cependant, dès lors que le pays atteint un certain niveau de revenus, il y a changement à l’oeuvre. C’est en général le moment où le citoyen lambda, grâce au vote, peut faire clairement comprendre que la répartition est un sujet majeur pour lui, ce qui conduira à en faire progressivement une priorité dans l’agenda politique. Les pays occidentaux sont presque tous dans cette période d’inégalité très faible. Si la plupart des interventions lors de ce congrès à Londres n’étaient pas impérissables, cet intervenant m’a pourtant séduit avec son discours : il permettait de comprendre que la situation en Europe est somme toute le fruit d’une évolution naturelle. N’en déplaise aux grincheux, notre pays compte ainsi dans la liste des pays où l’inégalité a le plus fortement diminué au cours de ces dernières décennies. Cette attention croissante délivrée à la répartition finit cependant par occulter le besoin de prospérité, ce qui est un problème majeur pour notre avenir individuel et collectif. Retrouvez toutes les informations complémentaires sur le sommet sur le site de l’organisateur de ce séminaire à Londres.

L’homme physique

Nous avons maintenant devant nous les principaux faits concernant la vision stoïcienne de la nature de l’homme, mais nous n’avons pas encore vu dans quel contexte ils ont été placés. Quelle était la perspective stoïcienne sur l’univers? La réponse à cette question est fournie par leur Physique. Il y avait, d’après les stoïciens, deux premiers principes de toutes choses, l’actif et le passif. Le passif était cet être non qualifié qui est connu sous le nom de matière. L’actif était le Logos, ou la raison en elle, qui est Dieu. Cela, a-t-on dit, imprègne éternellement la matière et crée toutes choses. Ce dogme, posé par Zénon, a été répété après lui par les chefs suivants de l’école. Il y avait alors deux premiers principes, mais il n’y avait pas deux causes. Le principe actif seul était cause, l’autre n’était qu’une matière sur laquelle il travaillait, inerte, insensé, dépourvu de toute forme et de toute qualité, mais prêt à prendre des qualités ou des formes. La matière a été définie comme celle à partir de laquelle tout est produit. La Matière Première, ou être non qualifié, était éternelle et n’admettait pas d’augmentation ou de diminution, mais seulement de changement. C’était la substance ou l’être de toutes choses qui sont. On observera que les stoïciens ont utilisé le terme «matière» avec la même ambiguïté confuse avec laquelle nous l’utilisons nous-mêmes, maintenant pour des objets sensibles qui ont la forme et d’autres qualités, maintenant pour la conception abstraite de la matière, dépourvue de tout qualités. Ces deux premiers principes, il faut le comprendre, ont été conçus comme des corps, mais sans forme, l’un s’interpénétrant partout l’autre. Dire que le principe passif, ou la matière, est un corps nous est facile, à cause de la confusion familière mentionnée plus haut. Mais comment le principe actif, ou Dieu, pourrait-il être conçu comme un corps? La réponse à cette question peut sembler paradoxale. C’est parce que Dieu est un esprit. Un esprit dans son sens original signifiait de l’air en mouvement. Or le principe actif n’était pas l’air, mais c’était quelque chose qui lui ressemblait, c’est-à-dire l’éther. L’éther en mouvement pourrait être appelé un «esprit» ainsi que l’air en mouvement. C’est en ce sens que Chrysippe a défini la chose qui est, être un esprit qui se meut dans et hors de lui-même, ou un esprit qui va et vient.

Le plus célèbre accident de la route

Vendredi dernier, je suis allé à Lohéac pour y faire un stage de pilotage GT. Je souhaitais en parler aujourd’hui, mais il se trouve que je suis tombé sur un documentaire donnant de nouvelles révélations sur le décès de Lady Di. Je ne pouvais pas faire l’impasse sur cet accident de la route sur lequel bien des choses ont été dites. Cet accident bien sûr a donné naissance à de folles rumeurs de complot. Des rumeurs entretenues par l’attitude du père de Dodi, entre autre, car il démentait les rapports de l’enquête. Mais la vérité s’avère, finalement, plus banale et plus regrettable à la fois. La Mercedes en cause est en fait arrivée à l’entrée du tunnel à près de 150 km/h, et est brusquement tombée sur une Fiat Uno qui avançait à 50 km/h. Le conducteur de la limousine a essayé de freiner, a percuté l’autre véhicule sur le flanc, essayé de redresser mais sans succès. Le conducteur de la Fiat, comprenant ce qui venait de se passer, a alors fui les lieux et espéré qu’on ne remonte pas jusqu’à lui. Bref, une histoire d’une atterrante banalité. Le documentaire signalait en outre qu’il y avait eu une succession de dysfonctionnements ayant permis le drame. J’ignorais pour ma part que la berline avait eu une histoire assez mouvementée avant d’embarquer Lady Di. Elle avait été acquise neuve, puis volée et retrouvée en très mauvais état (après avoir subi plusieurs tonneaux). Elle avait donc été considérée comme une épave, et était censée finir à la casse. Mais finalement, elle a incorporé un parc automobile qui loue des véhicules avec chauffeur. Qui plus est, le chauffeur de Diana n’était pas autorisé à conduire une telle berline : elle était en effet classifiée dans une catégorie qui exige un permis bien précis. Mais Dodi Al-Fayed voulait retourner chez lui sans attendre et c’est donc cette bagnole qui a été donnée. Tout simplement parce qu’il fallait réagir au quart de tour et qu’elle était sous la main… Affligeant, non ? Il serait un peu choquant de vous présenter ce stage de pilotage tout de suite dans la foulée, alors on verra ça plus tard. Mais vous pouvez quand même en avoir un avant-goût sur le site du prestataire, si ça vous tente ! A lire sur le site Les plus belles voitures du monde.