Dernièrement, je suis allé à Londres pour suivre un congrès qui s’est révélé plus intéressant que prévu. Il portait sur les inégalités sociales. Si la plupart des interventions avaient un air de redite, un intervenant s’est efforcé de décrire l’évolution naturelle qu’on retrouve le plus souvent dans la redistribution des richesses. Son propos était très intéressant car il expliquait comment la répartition de la richesse se faisait en fait en fonction du niveau de développement des pays. Dans les sociétés où la pauvreté est un problème chronique, l’inégalité est par exemple relativement faible. Et ce, pour une raison simple : tout le monde se trouvant plus ou moins dans la même condition de précarité, les disparités de revenus s’avèrent naturellement limitées. Il faut que cette société s’enrichisse pour que l’inégalité puisse apparaître. Lors de cette étape de développement cruciale, le succès repose essentiellement sur les aptitudes de chacun. Vu que ces facteurs diffèrent considérablement d’un individu à l’autre, l’enrichissement au sein de la société est aussi attribué de façon très inégale. La richesse générale s’élève très rapidement mais chacun ne profite pas identiquement de cette manne. Le Mexique est actuellement dans cette situation, par exemple. Cependant, dès lors que le pays atteint un certain niveau de revenus, il y a changement à l’oeuvre. C’est en général le moment où le citoyen lambda, grâce au vote, peut faire clairement comprendre que la répartition est un sujet majeur pour lui, ce qui conduira à en faire progressivement une priorité dans l’agenda politique. Les pays occidentaux sont presque tous dans cette période d’inégalité très faible. Si la plupart des interventions lors de ce congrès à Londres n’étaient pas impérissables, cet intervenant m’a pourtant séduit avec son discours : il permettait de comprendre que la situation en Europe est somme toute le fruit d’une évolution naturelle. N’en déplaise aux grincheux, notre pays compte ainsi dans la liste des pays où l’inégalité a le plus fortement diminué au cours de ces dernières décennies. Cette attention croissante délivrée à la répartition finit cependant par occulter le besoin de prospérité, ce qui est un problème majeur pour notre avenir individuel et collectif. Retrouvez toutes les informations complémentaires sur le sommet sur le site de l’organisateur de ce séminaire à Londres.

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