Trop de sécurité nuit à la sécurité. Et c’est en faisant ce constat que dimanche dernier, j’ai finalement assouvi un vieux rêve : je me suis mis au volant d’une Audi R8 lors d’un stage de pilotage à Saintonge. J’ai piloté sur un circuit fermé où j’ai pu la faire rugir de plaisir (ou était-ce moi ? Je ne me souviens plus). Cette découverte m’a rappelé à quel point la route pouvait être source de plaisir. J’aime les sensations de la route depuis toujours. Cependant, je dois bien avouer que je ne trouve plus autant de plaisir sur la route. Avec les aléas de la circulation et les réductions de vitesse imposées à chaque virage, la conduite est devenue bien plus énervante qu’autre chose. C’est carrément dingue, d’ailleurs. Autrefois, la conduite automobile était un vrai divertissement. On y éprouvait souvent autant de plaisir que ce qu’on peut encore voir dans les publicités automobiles : on ressentait l’ivresse de la route, et on avait souvent un sentiment total de liberté. Et ce sentiment avait un fond de réalité. Je me rappelle que tout jeune, on pouvait par exemple s’entasser à dix jusque dans le coffre, et les gendarmes laissaient faire la plupart du temps. Et puis les énarques nous ont pondu des lois à tire-larigot. J’ai conscience qu’il n’y a rien de mal à vouloir sauver des vies. Mais je pense qu’il y a une limite à ne pas franchir. Une limite que les énarques ont allègrement dépassé dans leur quête absurde du risque zéro. Nous évoluons aujourd’hui dans une société oppressante, où tout ou presque est codifié à l’extrême. Si on poursuit sur cette lancée, nous finirons par rouler à 10km/h en ville, ou alors, seules les machines seront autorisées à conduire sous prétexte qu’elles sont plus sûres que nous. Cette intuition vous paraît totalement invraisemblable ? Nous verrons bien ce qu’il en est dans quelques années, quand la conduite automatique se sera généralisée : je suis à peu près sûr qu’il se trouvera un politicien pour nous faire le coup. Il y en aura même sans doute un pour interdire jusqu’au stage de pilotage sur GT, pour peu qu’il se produise un seul tragique accident. Tel est l’absurdité de notre monde overprotected (comme dirait Britney). Alors, si vous êtes comme moi un fada de conduite, je vous conseille d’en profiter tant qu’il est encore temps ! Davantage d’information sur ce stage de pilotage à Haute Saintonge en suivant le lien.

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