Ce dimanche est jour d’hommage aux victimes des attentats, à la fois de janvier et de novembre 2015. Une commémoration qui a commencé à 11 heures par une cérémonie très officielle place de la République, à Paris, lors de laquelle le président de la République, accompagné du Premier ministre et de la maire de Paris, a inauguré une plaque en hommage aux victimes. Inauguration suivie par Johnny Hallyday chantant « Un dimanche de janvier », par le Chœur de l’armée française n’ayant pas peur de passer du « Temps des cerises » à « La Marseillaise » et par une lecture d’un discours de Victor Hugo de retour d’exil en 1870. Peu de Parisiens étaient présents. L’excuse de mesures de sécurité rendant l’accès peu aisé ne suffit pas. A 17 heures a commencé un autre hommage qui se voulait plus populaire : illumination d’un chêne planté à l’occasion, ainsi que de la statue de la République, invitation à allumer des bougies. Le chêne, les bougies, la République, Brel, Johnny, « Le Temps des cerises », un chœur militaire, des proches de victimes, des écrans diffusant des images de la cérémonie en cours, et aussi des hommages rendus jusque-là : tout cela avait un côté mash-up symbolique qui contraste fortement avec non seulement la marche du 11 janvier, mais aussi la spontanéité des réactions qui ont émergé dans les réseaux sociaux sous des formes diverses à l’occasion de ces événements. En fait, on ne sait pas très bien quel est le sens de tout cela. Afficher l’union ? Alors même qu’on se déchire au sujet de la déchéance de nationalité ? Faire le deuil ? Se souvenir ? Oui, mais jeudi, un homme a été abattu devant un commissariat à Paris, et les attentats de Paris et Saint-Denis ont eu lieu il y a à peine deux mois. Quelqu’un était-il tenté d’oublier ? Tout cela faisant étonnamment écho à une vidéo que nous a envoyée un lecteur dimanche matin. Il s’appelle Léo Dussoilier, a 27 ans, est comédien et scénariste, et il a réalisé ce petit film pour le Nikon Film Festival, « Je suis le souvenir ».

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