Pôle emploi diffuse ce mercredi soir les chiffres du chômage pour le mois de juillet. Ils devraient, sauf surprise de dernière minute, ressortir encore à la hausse. Le successeur de François Rebsamen au ministère du Travail doit être annoncé dans les jours qui viennent. Tic-tac, tic-tac, tic-tac… Ce mercredi à 18h, Pôle emploi rendra publics les chiffres du chômage du mois de juillet. Probablement les derniers que commentera François Rebsamen, qui a démissionné il y a une semaine de ses fonctions de ministre du Travail, pour se concentrer sur la ville de Dijon, dont il a été réélu maire le 10 août après le décès de son ancien adjoint. Quoi qu’on en dise le gouvernement qui se félicite d’un «tassement dans la hausse», la tendance n’est pas bonne et il est fort probable qu’il en soit encore de même pour les chiffres de fin juillet. Après la baisse surprise du mois de janvier, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi est reparti à la hausse en catégorie A (sans aucune activité). Fin juin, il était de 54.900 supérieur à celui de la fin décembre 2014 en France entière, à 3,817 millions. Et pour les catégories A, B et C (y compris les activités réduites), de 188.800, à 5,703 millions. «L’évolution du nombre de demandeurs d’emploi doit cependant s’analyser en longue période, a tenté de nuancer il y a un mois François Rebsamen, qui s’astreint à ne commenter que les données de catégorie A en France métropolitaine. Depuis le 1er Janvier 2015, son ralentissement est un signe encourageant». Surtout, les données publiées il y a un mois ont fait l’objet d’une forte polémique. Pôle emploi a en effet modifié son mode de calcul, ce qui a entraîné une modification substantielle du décompte par catégorie. Sans cette manipulation statistique inattendue, la hausse de fin juin aurait été de 7000 à 10.000 supérieure à ce qu’elle a été en catégorie A en métropole, ont avoué les services statistiques du ministère du Travail. Les statistiques à venir seront toutes publiées selon ce nouveau mode de calcul. Une autre polémique avait déjà secoué la planète Pôle emploi un mois avant: l’envoi systématique de sms de relance aux chômeurs pour leur rappeler de s’actualiser. En mai, pas moins de trois relances ont été expédiées en raison du nombre élevé de jours fériés et de ponts ce mois-là. Le résultat a été immédiat: plus de demandeurs d’emploi se sont actualisés et la hausse en catégorie A en métropole a été importante (+24.800) . «Ces chiffres ne sont pas bons, avait alors commenté François Rebsamen. Ils sont le reflet d’une croissance plus faible que prévue au premier semestre qui entraîne des destructions nettes d’emplois marchands». Pôle emploi a dans la foulée décidé de ne procéder dorénavant qu’à une seule relance par mois. Sur les fondamentaux, rien de nouveau non plus. Le chômage de longue durée continue sa folle ascension, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits depuis plus d’un an à Pole emploi représentant désormais 44,1% de l’ensemble des inscrits des catégories A, B et C en métropole (les chiffres ne sont pas disponibles pour la France entière), un record. Depuis l’élection de François Hollande, cette part a bondi de 5,6 points! Quant aux chômeurs de très longue durée (inscrits depuis plus de trois ans), les vrais exclus de tous les dispositifs de retour à l’emploi, ils sont plus de 765.000 dans ce cas, soit un bond de plus de 314.000 depuis fin avril 2012. Le nombre de jeunes recensés dans les catégories A, B et C en France métropolitaine affiche lui aussi toujours une tendance à la hausse, avec plus de 811.000 inscrits, soit un niveau proche de ceux de la fin de 1996. A 300 près, il a même atteint un record fin juin et on en dénombre quelque 100.000 de plus depuis l’élection de François Hollande. Même constat pour les plus de 50 ans, qui sont pas moins de 1,224 million à pointer au chômage, là encore un record absolu. Depuis fin avril 2012, ils sont près de 370.000 de plus à s’être inscrits à Pôle emploi, soit une explosion de 43% en un peu plus de trois ans.

Advertisements