À partir de mercredi et pendant deux jours à Lyon, 400 responsables de villes et régions sont réunis pour avancer des propositions en vue d’un éventuel accord sur le climat à Paris. Ils entendent prouver leur engagement en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. Près de 400 responsables de villes et territoires à travers le monde se réunissent à Lyon pendant deux jours, à partir de mercredi 1er juillet, afin de préparer un éventuel accord mondial sur le climat à Paris lors de la COP21 en novembre. Dans une ambiance caniculaire, les élus présenteront des chiffres mais surtout porteront leurs revendications auprès de l’ONU et des États négociateurs de l’accord, notamment pour l’accès aux financements. “On attend un chiffre très concret de la part des villes et territoires pour la réduction des gaz à effet de serre, précise Marina Bertsch, spécialiste environnement à France 24. Selon les informations que nous avons pu recueillir, ce chiffre pourrait être entre 1 et 2 milliards de tonnes de CO2 économisées à l’horizon 2020. Lorsque l’on parle climat, on a coutume d’entendre parler des États mais, en réalité, ce sont les villes qui représentent 70 % des gaz à effet de serre dans le monde et la moitié de la population vit en ville.” De nombreux territoires, souvent organisés en réseaux, ont peu à peu mis en place des plans pour s’adapter au dérèglement du climat et le combattre. Ainsi, Copenhague s’engage vers la neutralité carbone (bilan d’émissions de CO2 neutre), Vancouver vise 100 % d’électricité renouvelable d’ici 2050, la Californie est en passe de revenir d’ici 2020 à ses niveaux d’émissions de gaz à effet de serre de 1990, et le maire de Dakar lance un plan climat-énergie. Quelque 80 villes ont rejoint la “convention des maires” lancée en septembre à l’ONU, pour mieux mesurer et suivre leurs progrès. En mars, 30 métropoles européennes (Paris, Rome, Bruxelles, Sofia, Varsovie…) ont signé un accord climat prévoyant la mutualisation d’achats d’équipements “verts” (électricité, véhicules…). Souvent, c’est la gestion des risques qui amène à s’intéresser au climat. Ainsi les Philippines, dont l’exposition aux événements climatiques extrêmes ne pourra que croître avec le réchauffement, ont chargé les collectivités locales de gérer les plans de préparation. Les villes “sont beaucoup plus exposées qu’avant aux risques climatiques”, souligne Clément Larrue, chef de projet à l’Agence française de développement (AFD) : les effets du réchauffement commencent à se faire sentir, décuplés par les problèmes de planification urbaine et d’artificialisation des sols. “Comment aménager une ville pour qu’elle soit plus résiliente et moins consommatrice d’énergie ? Cela passe par des investissements dans les transports doux ou l’efficacité énergétique des bâtiments, autant de mesures souvent de la compétence des collectivités”, note-t-il. “Partout, dans les pays en développement comme dans les pays plus riches, des villes agissent parce que leurs citoyens le demandent”, notait ainsi mardi 30 juin à Paris l’ancien maire de New York Michael Bloomberg, envoyé spécial de l’ONU pour les villes et le climat, qui a ouvert la réunion de Lyon par un message vidéo. Pour lui, la COP21 sera un succès “si les villes reconnaissent qu’elles font partie du problème et agissent” : “il nous faut des leaders”, pour élargir encore le cercle des territoires engagés. Matthew Rodriguez, secrétaire à l’Environnement de la Californie, est venu à Lyon car il faut “faire savoir à l’échelle internationale que localement des choses se font. Lyon est un forum où nous pouvons partager, tirer des leçons, et les emmener à la COP”. Les négociations climatiques “actuellement sont dans le sur-place”, constate Jean-Jack Queyranne, le président de la région Rhône Alpes, hôte de la réunion. “Il faudra déclencher le sprint dans les 200 derniers mètres ; et nous on est là pour pousser”, ajoute-t-il. Au sein du processus de négociations, menées sous l’égide de l’ONU par les seuls États, les territoires sont aujourd’hui reconnus comme partie essentielle de la solution pour permettre au monde de rester sous le seuil critique des +2°C de réchauffement. Le chemin a été long, puisqu’ils n’étaient même pas mentionnés dans le protocole de Kyoto de 1997, dont l’accord de Paris doit prendre le relais. L’année 2009 aura été un tournant avec la venue de plusieurs milliers d’élus locaux à la conférence de Copenhague. À Lyon, les participants vont cette fois travailler sur des propositions communes pour amender le projet d’accord de Paris. Le Québec pousse par exemple pour que les provinces puissent être directement associées aux tractations. Une autre revendication porte sur les financements à destination des collectivités des pays du Sud, aujourd’hui dans l’incapacité de se financer directement à l’international. “Ces propositions seront mises sur la table de la COP21. C’est une des promesses faites par François Hollande qui s’est engagé à les faire remonter”, précise Marina Bertsch. Le président français est d’ailleurs attendu dans l’après-midi dans la capitale des Gaules.

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