La Conférence économique de Madrid sur l’économie espagnole vient de s’ouvrir. Et c’est intéressant. L’Espagne reste un partenaire de premier plan pour la France : outre les 1800 filiales qui s’y sont implantées,l’ensemble des exportations françaises vers ce pays représentent quasiment autant que celles à destination du total des fameux BRIC (Brésil, Russie, Chine, Inde). Au cours de la dernière décennie, l´Espagne a largement rattrapé son retard par rapport à ses voisins européens. Elle s’est hissée au 12ème rang des puissances économiques mondiales, dispose d’entreprises d’envergure internationale qui résistent à la crise dans les secteurs énergétique, des télécommunications, ou de gestion d’infrastructures et elle est devenue la 2ème destination touristique au monde. Avec la crise, qui a frappé fortement son économie et certains de ses secteurs clé (BTP, secteur bancaire), l’Espagne doit désormais trouver de nouveaux relais de croissance. Elle s’est aujourd’hui lancée dans la mise en place d’un modèle de production qui crée des opportunités d’affaires dans des secteurs à valeur ajoutée ayant une forte composante d’innovation et d’internationalisation, le secteur extérieur venant compenser la faiblesse conjoncturelle de la demande interne. Si l’endettement de l’Espagne au début 2013 reste moindre que celui de ses voisins, le taux de chômage atteint 27%, le déficit budgétaire de l’Etat comme des régions est proche de 7 % du PIB et certains grands projets d’infrastructure ont été reportés. Il n’en demeure pas moins que « la furia » des Espagnols est difficile à mesurer par un économiste. L’augmentation de 2 points de la TVA, le report de 65 à 67 ans de l’âge de la retraite, la restructuration du système bancaire, la cure d’austérité imposée aux administrations par le gouvernement et les autorités communautaires et la réorganisation du marché du travail n’ont pas débouché sur des grèves ou des manifestations bloquant le pays. En revanche, ils ont eu un impact sur la compétitivité des entreprises et sur les habitudes du consommateur espagnol, qu’il soit un acheteur public ou un ménage, le poussant à agir intelligemment. Son comportement d’achat est désormais plus réfléchi et animé par un mix de critères : « Prix/adéquation à ses besoins/qualité/distribution ». Les nouveaux circuits de distribution en ligne accroissent la possibilité de comparaison. Mais, d’une manière générale, le comportement du consommateur espagnol s’oriente vers la sécurité, le cocooning, la qualité et la rigueur des prix. La structure économique de l’Espagne est celle d’un pays développé : le secteur des services étant celui qui pèse le plus lourd dans le PIB (70,5 % du PIB national en 2011 générant 74 % de l’emploi), suivi par celui de l’industrie (27 % du PIB national et 21,8 % de l’emploi), puis l’agriculture (2,5 % du PIB pour 4,2 % de l’emploi). Source: Séminaire en Espagne.

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