Le système des subventions en France par nos élites m’a toujours agacé. Un symposium en Auvergne, auquel j’ai assisté il y a deux semaines, m’a rappelé à quel point cette prodigalité gouvernementale était absurde, pour ne pas dire contre-productive. Il n’est en effet pas inutile de rappeler ici que les tentatives du gouvernement pour désigner lui-même les prochains secteurs porteurs ont souvent mené à la catastrophe. Après tout, pourquoi nos élites seraient-elles mieux formées pour effectuer ce choix que des milliards de consommateurs présents au sein du libre marché ? Les primes aux industries sont selon moi une forme ultime de présomption. Concrètement, les gouvernants s’emparent de prérogatives qui ne sont pas les leurs, et décident, contre la volonté du citoyen, à quoi est censé ressembler l’avenir. Or, selon vous, quelle est la probabilité que nos têtes pensantes aient vu en Marc Zuckerberg ou Sergei Brin de futurs pontes, en ce qui concerne les technologies promises à un avenir ? Les autorités ne sont pas vraiment (voire vraiment pas) les mieux logées pour deviner quelles sont les prochaines industries. Mais dans ce cas, à quoi donc peuvent-elles bien servir ? Doivent-elles demeurer inactives et attendre que le progrès, la technologie, l’innovation, la croissance et l’emploi tombent du ciel ? Pas forcément. Les autorités sont effectivement idéales pour veiller à ce que les conditions soient optimales pour favoriser l’apparition de croissance : innovation, recherche fondamentale et appliquée, entreprenariat, libre marché… Sur le plan pratique, ces conditions se traduisent par une bonne protection des brevets, une justice efficace et, par-dessus tout, le gage d’un libre marché. Les autorités ont donc un rôle considérable à jouer dans la création de la prospérité. Ce rôle consiste particulièrement à concevoir les facteurs environnementaux pertinents pour permettre le challenge et la créativité (source : Séminaire en Auvergne). C’est une folie de conjecturer que, par l’octroi de subventions, les politiques peuvent faire jaillir de la richesse comme ça. Voilà, en somme, la conclusion de ce symposium en Auvergne : le progrès et l’innovation ne sont pas causés par les autorités et leurs subsides. Ceux-ci affleurent avec le libre marché et la concurrence.

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