Un vol en hélicoptère que je devais faire avec un ami m’a conduit récemment en Meurthe-et-Moselle. A l’occasion de ce voyage, j’ai découvert Nancy, une ville où je n’avais encore jamais mis les pieds. Je pensais y passer en coup de vent, mais y suis finalement resté la journée entière. En effet, je suis grand amateur d’architecture, et j’ai découvert une fois sur place que la ville était la capitale de l’Art nouveau. Je ne pouvais donc partir sans l’avoir d’abord explorée de fond en comble. Cette particularité permet de faire à Nancy une très belle promenade contemplative. L’Art nouveau s’est développé dans cette ville à une autre dimension où les maisons, les meubles, les objets prennent des formes si proches de la nature qu’ils font évoluer dans une extravagance enchanteresse. Derrière les ors de la place Stanislas, rue Poincaré, la marquise de la chambre de commerce donne l’effet d’une ombrelle. Un peu plus loin, rue Saint-Jean, LA chose à voir est à l’intérieur du Crédit lyonnais. Imaginez : l’éclairage opalescent vient du plafond ; et sur 250 mètres, vous apercevez une verrière où figure un entrelacs de clématites. Rue Bénit, vous avez aussi droit à un autre délicieux délire : un oriel de métal qui jaillit de la façade dans une débauche de fleurs de pavots dont les tiges emmêlées remontent sur les murs, formant un bouquet végétal. Si vous visitez un jour la ville, je vous invite à trotter jusqu’à la rue Majorelle, où l’on trouve la villa Majorelle : la première maison Art nouveau entièrement réalisée par des artistes de ce mouvement. Quand on en fait le tour, on découvre que chaque façade est différente. La maison elle-même se visite, et on peut y admirer la virtuosité des sculptures, l’exacerbation de la sensualité du bois. Le cadre est littéralement onirique. Rue Sergent-Blandan, une demeure surprend d’abord par sa banalité extérieure. C’est le musée de l’École de Nancy. En une succession de scènes d’intérieur, les arts décoratifs revendiquent leur place en Art majeur dans un carrousel étourdissant de couleurs et de formes. Les lampes, les vases, les coupes de Callé vous entraînent dans un voyage champêtre jusque dans les forêts tropicales. Les meubles aussi. Dans un jeu de marqueterie, de lignes incroyables qui défient la rigidité du bois, ils évoquent un monde fantastique et poétique créant une atmosphère irréelle. Et si vous êtes épuisé par cette longue promenade, vous pouvez vous rendre à la brasserie Excelsior, histoire de ne pas rompre avec cette visite thématique. Dans ce lieu classé monument historique, on peut apprécier à loisir l’architecture, le mobilier, les lampes et les bouquets de fougères en stuc des plafonds, les vitraux, la mosaïque et la descente d’escalier. Tout ici a été conçu par les maîtres de l’Art nouveau. Je ne connaissais pas Nancy, mais c’est décidément une ville sublime dont on résiste difficilement au charme. Au final, je ne sais ce qui, de ce baptême de l’air en hélicoptère ou de mon bain d’Art nouveau, m’a le plus séduit. Mais je ne risque pas d’oublier l’un et l’autre avant longtemps ! Suivez le lien pour obtenir plus d’infos sur ce baptême en hélicoptère.

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