Récemment, j’ai concrétisé un vieux rêve: effectuer un vol en avion de chasse. Une escapade prodigieuse que je me devais de vous raconter: c’est que ce n’est pas tous les jours qu’on peut vivre une telle chose. La journée avait pourtant commencé normalement. Je suis arrivé vers neuf heures trente à l’aérodrome de Saint-Jacques-de-la-Lande, où j’ai découvert mon futur pilote. Un pilote de classe américaine : six mille heures de vol dans les ailes. Les autres sont arrivés presque en même temps : nous étions trois à passer en cette belle matinée. Pour commencer, nous avons assisté à un briefing nous exposant notre plan de vol, les caractéristiques du Fouga, et les questions relatives à la sécurité. Cela peut paraître barbant, mais je peux vous dire que quand on vous explique le fonctionnement du siège éjectable, vous écoutez religieusement ! Bref, au final, le pilote a tiré nos noms au sort pour établir l’ordre de vol. La chance était avec moi ce jour-là, puisque je passais en premier. Je suis donc passé aux vestiaires pour prendre mon uniforme, et suis ressorti au soleil pour rejoindre l’appareil. Légère appréhension à l’approche de l’appareil: le Fouga CM 170 n’est pas aussi incroyable qu’un L39 (interdit de vol en France depuis 2012, malheureusement). Et sa création remonte au début des années 1950, alors autant vous dire qu’il n’a pas un look moderne, avec sa queue en V. Mais enfin, c’est tout de même l’ancien avion de la Patrouille de France. Je savais donc qu’il était réactif et offrait d’excellentes sensations de vol. Comme un gosse à la fête foraine, j’ai pris ma place dans le cockpit et me suis harnaché au siège, aidé par le staff. Enfin, la verrière a coulissé. Checklist, essai moteur, autorisation de décoller. Ca y est, on pouvait y aller. L’avion s’est placé jusqu’au bout de la piste de décollage. Le décollage a été si rapide que je n’ai pas eu le temps d’en profiter. L’appareil s’est envolé avec grâce dans le ciel et a rapidement pris de l’altitude. Une vue extraordinaire s’offrait à mon regard, grâce à la verrière du cockpit. Quelques minutes plus tard, cependant, l’expérience a pris une toute autre tournure, quand a commencé la phase de haute voltige. Première vrille, premier choc. J’ai senti que tout mon torse était écrasé contre le siège. Une main géante me confondait avec un citron sur un presse-agrumes. Autre figure, nouvelle sensation d’écrasement. C’était plus violent que ce que j’imaginais. Pas même une seconde pour souffler un peu. Après plusieurs virages, loopings, et tonneaux, je me suis senti « partir ». Mon champ de vision se rétrécissait: c’était le voile gris ! Je me suis immédiatement contracté autant que possible pour enrayer le blackout. Lorsque nous avons atterri, j’ai définitivement eu l’impression d’être un citron qu’on sort d’un presse-agrumes. Mon dos était trempé de sueur, et j’avais mal aux muscles comme après une séance de sport intense. Je peux vous dire que, ce soir-là, j’ai bien dormi ! Pour en savoir plus sur cette expérience, allez sur le site Avion de Chasse.

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