Une cinquantaine de membres d’un collectifs regroupant vingt-neuf associations se sont rassemblés ce mardi matin devant la cité judiciaire de Dijon pour soutenir un militant accusé « d’aide au séjour irrégulier » après avoir fourni des attestations d’hébergement à des demandeurs d’asile, dont un enfant et un adulte atteints de pathologies graves et qui avaient besoin de recevoir des soins. Une accusation qui n’a pas fait l’objet de poursuite, mais d’un rappel à loi devant le délégué du procureur. Interrogé, le militant explique une nouvelle fois la situation kafkaïenne à laquelle doivent faire face les demandeurs d’asiles : « Quand ils déposent une demande de régularisation, les demandeurs d’asile et migrants doivent prouver le département où ils résident. Il leur faut pour cela une attestation d’hébergement, ce qui est difficile voire impossible à fournir quand l’État ne remplit pas ses obligations d’hébergement et que ces personnes se retrouvent à la rue. La situation a évolué favorablement depuis que le 115 est justement reconnu comme hébergement, mais cela ne règle pas tous les problèmes. La rue ou les squats ne sont pas des domiciles. » Pour les membres des associations, dont certains brandissent des pancartes « Solidarité toujours », « J’ai attrapé le ver solidaire » ou « La solidarité n’est pas un délit », on veut tout simplement faire obstacle à ces personnes qui veulent régulariser leur situation. « Le délit de solidarité a été supprimé en 2012. On ne tient pas à le voir réapparaître par la petite porte ! » déplorait encore le militant avant de se rendre à la convocation.

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